تونس اليوم L'historienne Leila Blili dévoile le contenu de son nouveau livre "Sous le toit de l'Empire- Deys et Beys de Tunis 1666-1922"

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Leila Blili parle d'histoire avec passion. Elle ouvre son livre "Sous le toit de l'Empire- Deys et Beys de Tunis 1666-1922", paru récemment aux éditions Script, par une énigme. Celle de Hamouda pacha qui a renoncé en 1662-1663 au titre de pacha. Pourquoi cette démission qui suscite des questions relatives à la légitimité du pouvoir en place et à l'autonomie vis-à-vis de l'empire Ottoman?

Professeur d'histoire moderne et contemporaine à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba, Leila Blili nous livre avec son nouvel ouvrage, après "Sous le toit de l'empire- La régence de Tunis 1535-1666" paru en 2012, le fruit de plusieurs années de recherche sur un pan important de notre histoire. Son livre tente de comprendre, comme le stipule l'introduction, "l'échec du pouvoir militaire des soldats esclaves et la victoire d'un pouvoir civil qui puise ses racines dans la tradition hafside".

Deux livres références dans lesquels la petite histoire s'entremêle avec la grande histoire pour offrir au lecteur un tissu historique richement maillé. Pour présenter son nouveau né, l'historienne a tenu une rencontre dimanche 25 février à la librairie El Kitab durant laquelle elle a éclaircit la démarche qu'elle a adoptée dans sa recherche ainsi que son point de vue qui soutient la thèse de la continuité de notre appartenance à l'empire Ottoman durant près de 3 siècles.

Nous vous faisons part des principales idées développées par professeur Blili dans son exposé: "A l'université tunisienne, on parle rarement d'époque Ottomane. Lorsqu'on évoque la période qui s'étend de 1574 à 1881, on la présente comme une période complètement saucissonnée: époque des Pachas, époque des Deys, époque des Mouradites, époque des Husseinites en niant l'existence même d'une cohérence et d'une époque Ottomane dans sa globalité. C'est comme si on voulait dévaloriser notre appartenance Ottomane.

Alors pourquoi cette approche dans notre université? Tout simplement parce qu'on a construit tout le discours de l'histoire nationale sur l'autonomie à l'égard de l'empire Ottoman, c'est-à-dire qu'on a construit l'Etat nation en étant indépendant de l'empire Ottoman, ajouté à cela tout ce qu'on a pu écrire sur le mouvement national.

On a pensé que ces deux idées -ou ces 2 paradigmes- allaient fonder l'Etat national. En fait, en 1956, on n'était pas totalement à l'état national car le processus qui doit accompagner la construction d'un Etat national n'était pas totalement présent.

Il se prépare par un certain nombre d'actions, par une volonté commune qui s'exprime par une envie de construire une nation. Chaque Etat construit son discours national sur un thème que les historiens se chargent de forger (En France, ce fut la révolution française, en Allemagne, ce fut la culture allemande, en Italie ce fut l'unité géographique autour de la Mara Nostra).

Chez nous, personne ne l'a fait. Les historiens du 18 et 19ième siècle étaient les historiens des monarchies, c'étaient des chroniqueurs.

Les historiens du 20ième siècle n'ont pas réfléchi au processus de construction nationale, ils ont considéré que l'idée d'être autonome de l'empire Ottoman suffisait pour construire une nation.

C'est par rapport à cela que j'ai écrit des idées à contre-courant, parce que je ne crois pas que l'histoire se ressuscite, c'est-à-dire que si on était auparavant une province de l'empire Ottoman, on ne va pas être aujourd’hui à la traîne de la Turquie. Ça n'a rien à voir.

La Turquie de Mustpha Kemal Attaturk n'est pas l'empire Ottoman, ce n'est même pas l'héritage. En effet, l'état construit par Attaturk s'est construit sur le contre-héritage. Il a rejeté tout ce qui pouvait représenter l'empire Ottoman.

Aujourd'hui, on a peur de dire qu'on a été une province Ottomane! Non! Il faut dire qu'on l'a été et ça ne veut pas dire qu'on va être aujourd'hui un satellite de la Turquie. Voilà donc le contexte de l'apparition de ce livre qui est une partie de ma thèse. Cette rencontre est aussi une occasion pour réfléchir sur le rôle de l'historien.

Tout le monde a le droit d'écrire de l'histoire, elle n'est pas, à mon avis, le monopole des historiens. Ceux qui écrivent leurs mémoires accomplissent un devoir d'historien même si ce dernier est le gardien de l'usage que l'on peut faire de l'histoire et qu'il a l'avantage de poser les bonnes questions et d'esquiver les mauvaises.

Le premier tome de "Sous le toit de l'empire- La régence de Tunis 1535-1666" qui est sorti depuis 5 ans s'est intéressé à la genèse d'une province Ottomane de 1535, date à laquelle les Hafsides ont perdu le pouvoir, puis occupation espagnole et enfin arrivée des Ottomans et toute cette période de mise en place de la province Ottomane.

Je me suis arrêtée à la date de 1666 qui correspond à la mort d'un des plus grands princes du 17ième siècle à savoir Hammouda Bacha El Mouradi et non pas El Husseini qu'un siècle sépare. Hammouda Bacha, est considéré comme un très grand Bey qui a combattu les tribus, qui a construit un état digne de ce nom et qui a centralisé l'autorité.

Autre chose, je n'ai pas fait une histoire conventionnelle, celle des institutions mais je me suis intéressée aux choses auxquelles les historiens ne se sont pas arrêtés. Je me suis intéressée à l'histoire des mariages, des alliances, des femmes -pas par féminisme- mais il était pour moi question de comprendre le lien entre le pouvoir et la société.

J'ai essayé de montrer la solidité des liens de parenté entre les turques et les familles locales. J'ai fait ce qu'on appelle une histoire anthropologique qui s'intéresse aux parentés, aux alliances. J'ai accordé, dans ce bouquin, beaucoup d'importance aux chronologies.

Le 17ième siècle est un siècle mal connu dans ses détails et les détails changent tout. J'ai essayé de remettre en évidence des personnages. Par exemple, le prince Mohammed El Hafsi est mal connu.

Je me suis donc penchée sur ces oubliés de l'histoire parce que cette orinière peut s'avérer intéressante. Dans le deuxième tome "Sous le toit de l'Empire- Deys et Beys de Tunis 1666 -1922", j'ai essayé de montrer qu'il n'y a pas eu de rupture entre les Mouradites (règne qui s'est terminé en 1702) et les Husseinites.

Lors de mes recherches, j'ai vu que Hussein Ben ali était marié à Fatma Othmana, c'est-à-dire que Hussein Ben Ali -qui était le Kahia du Bey Mouradite et qui a fait ses classes politiques dans le régime qui l'a précédé- a hérité l'une des femmes de ces Beys: Fatma Othmana qui est la petite-fille de Aziza Othmana. Fatma était mariée à Romdhan Bey et Hussein Bey l'a par la suite épousée.

Cela veut dire qu'autant le politique était saucissonné, autant le social était cohérent à travers les femmes et les mariages. En effet, les Beys se transmettent les harems et les eunuques des beys qui les ont précédés".

* Les deux livres sont disponibles dans toutes les bonnes librairies.

Chiraz Ben M'rad


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